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Le "krinomen" est un débat critique qui regroupe les étudiants d'Arts du spectacle (théâtre et danse) de l'Université Bordeaux Montaigne, de la Licence 1 au Master 2. Ce blog constitue un support d'informations sur les spectacles vus pendant l'année, ainsi que le lieu de publication d'une partie des travaux réalisés en TD de critique (critiques de spectacles, entretiens...).

Etcetera - Andréa Sitter CCN, Ballet de Lorraine

 

Etcetera, une chronique de la danse vue par Andréa Sitter

CCN, Ballet de Lorraine

 

 

Spectacle présenté le 15 mars au Carré des Jalles

 

 

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(c) CCN Ballet de Lorraine

 


Chorégraphie, intermèdes et textes : Andrea Sitter et Philippe-Ahmed Braschi // Intermèdes musicaux : Bruno Billaudeau // Film : Dominique Delouche // Extraits : Le Spectre de la Danse, repris du long métrage « Serge Lifar musagète » de D. Delouche // Costumes des Intermèdes et Défilé : A. Sitter et Martine Augsbourger // Lumières des Intermédes et Défilé : Olivier Bauer.

 

Chorégraphe : Andréa Sitter :

 

Andréa Sitter est une artiste allemande pluridisciplinaire. Elle a suivi une formation en danse classique et en danse contemporaine à l'Académie de Munich où elle rencontre de célèbres chorégraphes comme Alvin Nikolaïs et Pina Baush. En parallèle, elle se forme au théâtre et à la musique, soit au violon. Après avoir dansé ou joué pour Anne-Marie Reynaud ou encore Eugène Durif, elle fonde en 2005 sa propre compagnie « Die Donau », en hommage au fleuve qui traverse sa ville natale. A. Sitter s’intéresse beaucoup à la forme solo où elle laisse une place importante aux textes et met à profit ses multiples facettes pour créer des spectacles « hybrides ». Elle collabore en 2009/2010 avec Didier Deschamps pour apporter son regard sur l'histoire de la danse qu'il souhaite retracer.

 

Le Centre Chorégraphique National ballet de Lorraine :

 

Il est créé en 1978 mais se nomme à l'époque le « ballet français théâtre de Nancy » et est alors dirigé par Albert Cartier. L'évolution de la place donnée à la danse dans la région et la succession de directeurs ont amené une richesse de propositions centrées, entre autres, sur l'ouverture de la danse à un large public tout en préservant le langage classique. Il faut attendre les années 2000 et l'arrivée de Didier Deschamps comme directeur artistique pour y voir des chorégraphies contemporaines. Il est dirigé depuis la rentrée 2011 par Petter Jacobsson. Il est composé d'une trentaine de danseurs.

 

Présentation du spectacle :

 

Andéa Sitter explique : « Pour pouvoir mieux définir mon travail, j'avais besoin d'une image. Je vois une grande plaine, les différents soli représentent des poteaux électriques, que je relie les uns aux autres par un fil conducteur, en exploitant avec les danseurs les voies vocales, théâtrales et chorégraphiques ». (source : http://www.onyx-culturel.org/spip.php?article15).

 

Etcétéra est une sorte de recueil d'extraits de danses relatant des grandes chorégraphies du XXe siècle. A cette époque, la danse se caractérise par la distance qu'elle prend avec la danse classique. Effectivement, la « danse moderne » recherche notamment une expressivité des corps, mais selon les chorégraphes, la virtuosité et certains codes académiques reste prépondérante. Le titre illustre ici le fait que chaque extrait est un fragment dont la suite reste à découvrir. Ce spectacle à une importante visée didactique.

 

Les extraits présentés proviennent des pièces suivantes : Breakde Meredith Monk (1964, New York), Black and tan de Françoise Sullivan (1948), Dedale de Françoise Sullivan (1947) , Lamentation de Martha Graham (1930, New York), La mort du signe de Michel Fokine (1907, St Petersbourg), Broken man de stephen petronio (2002), Two de Russel Maliphant (1998), sont tous des solos. Sourire de fauves opus 2 de Maite Fossen pour 7 danseurs, Defiléde A. Sitter pour 14 danseurs (avec des références à Pina Bausch, Merce Cunningham et Michael Jackson).

 

Description de la mise en scène :

 

Différents supports ont été utilisé comme la photographie, la vidéoprojection, la voix off, et les intermèdes parlés. Les objets scéniques sont : un banc, un vidéoprojecteur et un écran, une vitre, des micros. La musique correspond à du jazz, du classique, des percussions, des bruitages et de l'électro. Différentes langues se font entendre : russe, anglais, français... Grâce à la lumière, Andrea Sitter joue beaucoup sur les contrastes.

 

Break :

Le premier solo a lieu dans un espace noir où sont disposées deux grandes plaques blanches, qui vont être le support du danseur vêtu d'un costume noir et d'une chemise blanche. Des bruits de voiture annoncent que le spectacle démarre. Il danse en silence, ponctué de temps à autre de bruitages ou de mots anglais.

 

Les transitions s'effectuent dans le noir. L'espace se vide. Aucun objet sur scène.

 

Dédale and black and Tan :

Quatre hommes entrent en scène reprenant le « pas de quatre » sur un air de danse classique. Ils sont nus, seules des feuilles cachent leur sexe. Puis un homme seul arrive au centre, il ne danse pas. Lorsqu'il se retourne, un drapeau américain qui part en fumée apparaît.

 

Lamentation :

Le corps d'une femme se réveille peu à peu sous une lumière type douche. Le thème abordé est la répétitivité, la résonnance.

 

« Il reste toujours un carré de lumière ».

 

Le public est surpris par une conversation en voix off, ils allument la salle. Puis les intermèdes relatant de l'histoire de la danse débute et s'enchaineront presque après chaque prestation.

 

 

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(c) CCN Ballet de Lorraine

 

Danseur faisant écho à l'Oiseau Feu d'Isadora Duncan. « Le corps révèle ce que l'on veut cacher ».

 

L'oeuvre est surprenante tant par sa diversité que par ses engagements. Elle dévoile l'aspect du corps dans son entier et met l'accent sur l'expressivité. Elle mêle les arts pour aborder de manière spectaculaire l'histoire théorique de la danse. Elle dit vouloir dénoncer la folie des hommes et prône le sourire comme une « ultime forme de résistance ».

 

« C'est, à l'origine, un spectacle et une conférence. Un choix de pièces majeures du répertoire moderne étaient successivement présentées par un bref texte dit au micro, puis dansées. Ce qui m'a été demandé, c'est une tentative artistique, celle de chercher et de donner mon propre regard sur ce regard. […] J'ai donc écrit : poème et mouvement, construit, entre les huit pièces du programme, des liaisons -où l'humour, la force de la simple présence physique et le drame ont leurs places-, un cheminement de chorégraphies, et de paroles portées par les danseurs. » Andrea Sitter (source : dossier de presse du spectacle : http://mutualise.artishoc.com/carcol/media/5/etcetera.pdf).

 

« La fin réalise ce que l'homme rêve ».

 

 

Quelques liens :

 

http://www.ballet-de-lorraine.com/#/compagnie

http://www.lecarre-lescolonnes.fr/site.php?rub=1&docId=218387

http://mutualise.artishoc.com/carcol/media/5/etcetera.pdf

http://www.josefnadj.com/accueil-studio-ouvertures/accueil-studio/compagnie-die-donau-andrea-sitter-444.html

 

Pour aller plus loin :

 

Comment la forme proposée par Andrea Sitter prend-elle corps (présentation des tableaux, jonctions...) et quelle cohérence structure l'ensemble ? Quelle est la teneur de l'ensemble et comment estimer cette "chronique" ?

Les outils critiques de théâtre sont-ils opératoires pour critiquer un spectacle de danse ?

 

Article réalisé par Florence Boileau, Pauline Blais et Natacha Lagière.


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